Le conformisme

Le conformisme désigne le changement d’opinion, d’attitude ou de comportement dans le sens des options affichées par les autres. Il peut être envisagé de manière différente selon le degré de proximité et la nature de la relation qu’entretiennent la cible et la source d’influence.
Trois niveaux identifiés : acquiescement (vision stratégique et opportuniste du conformisme, calcul pour servir ses propres intérêts), identification (phase d’imitation où il y a projection) et intériorisation (le changement est complet, totalement abouti). Attention à ne pas confondre avec la soumission. Le conformisme n’implique aucune pression ou incitation au changement de la part de la source, il reste un acte volontaire.

L’imitation comporte une dimension positive puisqu’elle est le principal moteur de l’apprentissage. C’est un processus indispensable à la construction identitaire pour pouvoir se déterminer.

La désindividuation

Ce phénomène ne s’observe que dans les cas de foule et de masse. L’individu disparaît et son identité se dilue, tout ce qui est de l’ordre de ses responsabilités a disparu. Quand l’individu est dans un groupe, il est anonyme, donc non-identifiable, et c’est cet anonymat qui va entraîner une dilution de la personnalité. Cela lève certains interdits, l’abandon de valeurs ou de repères habituels et la justification des actes par la situation et non par des motivations propres. On explique nos comportements par les situations. Ce phénomène s’observe seulement dans les foules et il est temporaire. Il se caractérise par la perte ou la baisse de conscience en soi. L’anonymat et la foule caractérise la perte ou la baisse de la conscience de soi, l’expression de nos impulsions et nous rend plus influençable. Je deviens complétement malléable.

La preuve sociale

La preuve sociale correspond au réflexe qu’ont les individus à déterminer le caractère légitime d’un comportement par la validation de la majorité.

Elle part de l’hypothèse vérifie que, très souvent, les gens déterminent le bien-fondé de ce qu’ils font en regardant ce que font les autres.

Un comportement va être jugé approprié ou pas, normal ou anormal, parce que d’autres l’adoptent.

Elle est très observable dans les situations qui présentent l’une ou les deux caractéristiques suivantes : nous observons le comportement de gens qui nous sont semblables et lorsque nous sommes en situation de forte incertitude.

Cette notion est révélatrice de :

  • La paresse sociale dont font preuve la plupart des individus. On recherche souvent les « solutions » ou les comportements les plus « économiques » en termes d’effort et les moins coûteux psychologiquement.
  • La propension à se laisse facilement ou « volontairement » manipulés, quitte à renoncer à ce qui nous distingue pourtant en tant qu’individu, à savoir notre faculté de décider et notre discernement.

La soumission

Caractéristiques

La soumission implique une pression explicite de la part de la source influente sous forme d’ordres et d’obligations. Elle suppose un rapport asymétrique en termes de statut et/ou de pouvoir. Elle est différente en cela de l’obéissance.

Attention : les 20 premières années de la vie se passent dans un état de « subordination », valorisé. L’individu intérioriserait donc la soumission dès son plus jeune âge.

Implications

L’individu se place en tant « qu’agent ». Il se considère comme l’instrument d’une volonté dont les buts le dépassent. En conséquence, aucune des responsabilités qui lui incomberaient s’il était l’initiateur de ses actes ne pèsent sur lui.

La soumission est un phénomène transversal aux hommes, aux cultures, à leur histoire. Elle met en évidence la notion d’emprise qu’une autorité peut avoir sur l’individu.

Frontières avec l’obéissance

L’obéissance représente une forme de conformité due à une autorité reconnue comme légitime et à laquelle on accepte d’obéir par principe et non par obligation. Cette autorité légitime peut être acquise par la position hiérarchique, une compétence reconnue.
Prolongement : la soumission librement consentie, développée par J-L Beauvois.

Je décide d’obéir, mais je me soumets.